Adeline Martinez, Chine, Corée, Japon (CCJ), École des hautes études en sciences sociales (EHESS)-Université de Paris (UP)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Institut de recherches Asiatiques (IrAsia), Aix Marseille Université (AMU)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Université d'Aix-Marseille (AMU), Jean-Marc de Grave, and École des hautes études en sciences sociales (EHESS)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)-Université Paris Cité (UPCité)
Based on a thirty month enthnographic survey, this thesis focuses on a resettlement process of a Merapi volcano upland village (central Java in Indonesia) following the eruption of 2010. Through diachronic and synchronic approach of this process, this thesis shows that beyond social changes, socio-spatial reconfigurations, economic and political issues raised by the implementation of the resettlement program by the Indonesian government, significant elements of the village social space have been maintained : permanence of residential proximity relations, maintenance of organization and social unity, maintenance of relationswith the former village territory and with the surrounding forest, similar ritual spatial anchorage. This continuity, several years after the resettlement, highlights the existence of specific modes of territoriality related to the volcano. These modes are part of a long ecological history, of the history of relations with the central power and the traditional regional power as well as of a specific relationship to the land in which the volcanic entity is completely integrated into the human social life. The analysis of this long-term resettlement process, using a multi-scale approach integrating the village's relations with the outside world, shows that the uncertainty, inherent in the regional volcanism, is socially structuring and, in addition, that it shapes a milieu of certainty. It is in this sense that one can speak, to evoke the Merapi volcano upland space, of a "volcanic" construction of the social space.; Basée sur trente mois d’enquête ethnographique, cette thèse porte sur un processus de réinstallation d’un village des hautes terres du volcan Merapi à Java centre en Indonésie à la suite de l’éruption de 2010. À travers l’étude diachronique et synchronique de ce processus, l’analyse montre qu’au-delà des changements sociaux, des reconfigurations socio-spatiales, des enjeux économiques et politiques que soulève la mise en place du programme de réinstallation par le gouvernement indonésien, des éléments significatifs de l’espace social villageois se sont maintenus : permanence des relations de proximité résidentielle, maintien de l’organisation et de l’unité sociale, maintien des liens à l’ancien territoire villageois et à la sylve environnante, ancrage spatial rituel similaire. Cette continuité, plusieurs années après la réinstallation, met en lumière l’existence de modes de territorialité spécifiques en lien avec le volcan. Ces modes s’inscrivent à la fois dans une histoire écologique longue, dans l’histoire des relations avec le pouvoir central et le pouvoir traditionnel régional ainsi que dans un rapport à la terre dans lequel l’entité volcanique est complètement intégrée à la vie sociale des humains. L’analyse de ce processus de réinstallation sur le long terme, selon une approche multiscalaire intégrant les relations que le village entretient avec l’extérieur, permet de montrer que l’incertitude inhérente au volcanisme de la région est socialement structurante et de surcroît, qu’elle façonne un milieu de certitude. C’est en ce sens que l’on peut parler, pour évoquer l’espace des hautes terres du volcan, d’une construction « volcanique » de l’espace social.