International audience; Hormis le travail de réduction et de façonnage d’objets en or et en alliages cuivreux en Amérique du sud et centrale [2] et le travail à froid de cuivre natif autour des Grands Lacs nord américains [4], les populations amérindiennes n’ont généralement connu les objets métalliques qu’à partir de la « découverte » des Amériques par les Européens. Dans le Nord-est de l’Amérique du Nord (Nouvelle-Angleterre, Ontario et Québec méridionaux), des objets en métal (principalement, chaudrons en alliages à base de cuivre (ABC) [5], couteaux et haches en fer) et d’autres « commodités » (perles en verre, par exemple) sont obtenus des Européens par les Amérindiens en échange des fourrures (surtout le castor) que trappent ces derniers.Les caractérisations élémentaires par activation neutronique d’un ensemble de fragments de chaudron en ABC trouvés lors des fouilles d’une couche amérindienne antérieure [6] au poste de traite établi à Chicoutimi (actuelle ville de Saguenay, Québec) au cours du troisième quart du XVIIe siècle ainsi que d’un autre ensemble de fragments provenant de sépultures amérindiennes mises au jour au site Grimsby (Ontario) [7] du second quart du XVIIe siècle ont déjà fait l’objet de publications. Ce travail vise à rapporter les résultats des observations des coupes métallographiques observées en microscopies optique et électronique à balayage de ces deux ensembles [8]. De surcroît, ces mêmes fragments seront comparés par les mêmes méthodes microscopiques à une série de fragments datés du XVIIe siècle trouvés lors de travaux archéologiques menés récemment à Bordeaux. D’ores et déjà, le contexte amérindien de chaudrons obtenus par le biais de la traite des fourrures suggère un certain degré d’homogénéité de ces contenants puisque aucun autre type d’objet de cuivre n’est échangé. Au contraire, les objets mis au jour sur la place de la Bourse à Bordeaux [3] devraient présenter une hétérogénéité plus sensible, les fragments à l’étude n’appartenant pas, selon toute vraisemblance à la seule catégorie des chaudrons. Les observations microscopiques des deux séries de fragments provenant du Nord-est nord-américain sont aussi susceptibles de préciser dans quelle mesure le travail à froid des chaudrons (ceux-ci ayant achevé leur vie utile comme contenants : perçage découlant, notamment, de leur utilisation sur feu à ciel ouvert) par les populations amérindiennes peut être observé sur les coupes métallographiques [1]. Les observations microscopiques des fragments de Bordeaux devraient, quant à elles, nous fournir un éventail des techniques de façonnage utilisées pour le travail du cuivre et de ses alliages au cours du XVIIe siècle.En somme, si liminaire soit-elle, cette étude des objets en ABC, veut établir un pont entre la côte occidentale de l’Europe et la côte orientale de l’Amérique du Nord susceptible de préciser les modalités de transferts culturels, notamment au chapitre des techniques de production des objets en ABC.Références en ordre alphabétique[1] Ehrhardt, K.L., 2005, European Metals in Native Hands: Rethinking Technological Change 1640-1683, University of Alabama Press, 272 p.[2] Fraresso, C., 2007, L’Usage du métal dans la parure et les rites de la culture Mochica (150-850 ap. J.C., Pérou, Thèse, Doctorat physique des archéomatériaux, Université Michel de Montaigne Bordeaux, 578 p. [3] Gerber F. (dir), 2006, RFO de Fouille préventive. Chantiers archéologiques « Bourse, Saint Rémi, Jean Jaurès et Gabriel », INRAP, Aquitaine, Gironde, Bordeaux, 12 livres en format PDF.[4] Martin, S. (1999). Wonderful power: The story of ancient copper working in the Lake Superior Basin. Detroit: Wayne State University Press, 272 p.[5] Moreau, J.-F & R.G.V. Hancock, 1999, « Faces of European copper alloy cauldrons from Québec and Ontario «contact» sites ». In Young, Suzanne M.M., Pollard, A.Mark, Budd, Paul & Ixer, Robert A. (dir.), Metals in Antiquity, Oxford, Archaeopress, BAR International series nº 792, pp. 326-340.[6] Moreau, J.-F & R.G.V. Hancock, 2010, « ‘Un siècle d’approvisionnement : 1550-1650’ : de la préhistoire à l’histoire au site du poste de traite de Chicoutimi », Archéologiques, vol. 23, p. 84-98.[7] Moreau, J.-F & R.G.V. Hancock, M. Pernot, F. Daniel, M. Kapches, 2009, «The copper-based cauldrons from the Grimsby site (Onta rio, Canada) : INAA and preliminary observati ons under optical and electron scanning microscopes» in Moreau, J.-F., R.Auger, J. Chabot & A.Herzog (dir.), 2009, Proceedings./Actes 36th International Symposium of Archaeometry/36e Symposium International d’Archéométrie, May 2nd - 6th, 2006 Quebec City, Canada, Québec, Université Laval, CELAT, Série archéologique, No 24 coll. Archéométrie No 7, p.485-493.[8] Pernot M., 1999a, «La métallographie», dans R. Meyer-Roudet (dir.), A la recherche du métal perdu – Les nouvelles technologies dans la restauration des métaux archéologiques, Musée archéologique du Val d'Oise, Errance, Paris, p. 65-67.