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Le creuset du site de Kersulec (Plonéour-Lanvern, Finistère) : la plus ancienne trace de production de bronze de Bretagne
- Source :
- congrès APRAB, congrès APRAB, 2018, Rennes, France, APRAB, APRAB, 2018, Rennes, France
- Publication Year :
- 2018
- Publisher :
- HAL CCSD, 2018.
-
Abstract
- International audience; Le site de Kersulec, fouillé en 2015 par l'INRAP, a livré une occupation du Bronze ancien comprenant deux tombes mais également des structures en creux et des concentrations de mobiliers. Malgré leur aspect lacunaire, plusieurs constructions ont pu être interprétées : un petit bâtiment d'environ 10 m 2 , une construction légère sur 4 poteaux (atelier ?) et un grenier. Ces éléments architecturaux vont dans le sens d'une modeste occupation domestique de faible durée, ce que confirme l'étude du corpus céramique et lithique associé à des datations 14 C, correspondant au premier tiers du II e millénaire. La découverte d'un creuset, ainsi que cinq outils en pierre dits de métallurgistes amènent à moduler cette première hypothèse et à proposer la présence d'une activité artisanale nécessitant une certaine maîtrise des arts du feu. L'objet le plus emblématique du travail du métal correspond à un creuset qui ne montre cependant aucune incrustation d'origine métallique en surface. La pâte est fine et homogène. La composition minéralogique est celle d'un limon argileux avec du quartz et de rares micas permettant une bonne résistance au feu. Le creuset, relativement bien conservé, est de forme subcirculaire (10 cm de diamètre environ, 2 cm de hauteur pour une épaisseur des parois de 1 cm au niveau du bord). La contenance maximale du creuset est de 36,7 cm 3. De facture soignée, il est élaboré à partir d'une galette réalisée à l'aide de colombin(s) monté(s) en spirale. La surface interne ainsi que les bords périphériques externes sont altérés et portent les stigmates d'une exposition à des températures élevées (900° C à 1100° C). Bien que probablement placé dans un foyer, l'air a été insufflé à l'intérieur même du creuset pour atteindre la température suffisante à une opération métallurgique. Des résidus métalliques, certains de taille pluri-millimétrique, sont piégés dans les couches de vitrification au coeur de la paroi. L'étude pétrographique et chimique a permis de déterminer leur nature. Ainsi, le métal présent correspond à du bronze. Cependant, des zones partiellement transformées sont visibles, formées par une accumulation de billes de cuivre et de phases sulfurées riches en arsenic, fer et nickel, associées à des grains de cassitérite SnO 2 et d'ilménite TiO 2. Il s'agit donc d'un creuset ayant servi à fabriquer l'alliage Cu-Sn en incluant directement le minerai d'étain dans du cuivre. La présence de l'ilménite indique que ce minerai d'étain est d'origine alluvionnaire, type de gisement très présent en Bretagne. Pour le cuivre, la présence de phases sulfurées pourrait indiquer l'emploi d'un minerai de cuivre. Mais cela reste hypothétique car il pourrait s'agir également de cuivre métallique. Il s'agit du premier creuset daté du II e millénaire avant J.-C. caractérisé en Bretagne pour la production du bronze. Ces traces, en plus de celles correspondant à un travail plus ancien du cuivre à la période Campaniforme, indiquent une activité métallurgique bien présente dans le nord-ouest de la France. Il reste maintenant à mieux déterminer l'ampleur de cette production ainsi que l'organisation de la chaine opératoire, avec pour point d'orgue, l'origine du cuivre.
Details
- Language :
- French
- Database :
- OpenAIRE
- Journal :
- congrès APRAB, congrès APRAB, 2018, Rennes, France, APRAB, APRAB, 2018, Rennes, France
- Accession number :
- edsair.dedup.wf.001..00d7b8346949e1d9ade773bb8b210698